Publié le 25 novembre 2024

Rapport sur les indemnisations des stagiaires en 2024

Lisez notre rapport sur l’indemnisation des stagiaires en 2024

Êtes-vous suffisamment bien indemnisé(e) pour votre stage ? Proposez-vous la bonne indemnisation pour vos stagiaires ?

À l'occasion de la journée internationale des stagiaires, le 10 novembre, Eiquem dévoile les résultats d’une enquête nationale sur l’indemnisation des
stages en 2024. Ce rapport vise à permettre à chaque stagiaire, candidat(e) et entreprise de se situer par rapport au marché. Cette année, en plus des
thématiques traditionnelles, Eiquem s’est également intéressé à la question de l’inclusivité. Un des objectifs est de savoir si les tendances de la société se retrouvent aussi au commencement des carrières.

 

Nos chiffres clés :


- 1017.90 € : indemnisation moyenne des stagiaires en France en 2024
- 13% : d’indemnités touchés en plus par les hommes
- 31% : d’indemnisation touchés en plus par les personnes qui ne sont pas en situation de handicap
- 10% : d’indemnisation touchés en plus par les personnes qui n’appartiennent pas à la communauté LGBTQIA+

 

Notre méthodologie :
 

Ce rapport se base sur les réponses de 940 volontaires parmi un vivier de 60 000 personnes. Le questionnaire en ligne a été administré du 16 octobre
au 6 novembre 2024 par email, LinkedIn, réseaux personnels, à nos candidat(e)s Eiquem et contacts dans les formations (commerce, ingénierie, BTS,
université...). Les réponses étaient anonymes et facultatives sur les questions concernant l’inclusivité pour respecter les données des interrogé(e)s. Toute réponse est déclarative. Les résultats se basent sur 1334 réponses de stage (certains interrogé(e)s ayant répondu pour plusieurs stages) dont 712 en 2024.

 

 

Résultats de l’enquête
 

Combien gagne un stagiaire en moyenne en France en 2024 et quel est le cadre légal ?


L’indemnisation moyenne d’un stagiaire en France en 2024 est de 1017.90 € mensuel brut. Cette année, 90 % des stagiaires déclarent ne pas être
indépendants financièrement uniquement avec les indemnités. Actuellement en France l’indemnisation minimum doit respecter la loi n°2014-788 du 10 juillet 2024, qui assure une gratification mensuelle dès lors que le stage est supérieur à deux mois (consécutifs ou non). Cette somme n’a pas le
caractère d’un salaire, mais celui d’une indemnité.

Depuis le 1er janvier 2024, la gratification minimum est de 4.35 € par heure de présence active. Pourtant, certaines entreprises indemnisent leurs stagiaires en dessous de la gratification minimum : d’après nos chiffres, en 2024, cette réalité concerne 22.31 % des stages de 2 mois ou plus en France. 

55,6 % des interrogé(e)s sont des femmes. 11 % des répondants appartiennent à la communauté LGBTQIA+. 2.1 % sont en situation de handicap.

 

Où gagne-t-on le plus ? Start-up, PME ou grands groupes ?


Dans les grands groupes, les stagiaires gagnent en moyenne 1240.86 € brut par mois. Ce résultat est bien inférieur à celui des PME (851.39 €) et des
start-up (861.63 €). Les indemnisations des stagiaires dans les administrations (763.52 €) et surtout dans les associations (390 €) sont encore inférieures.

Si l’indemnisation est plutôt stable au sein des PME (de 859 € en 2020 à 851.39 € en 2024) voire en légère augmentation chez les grands groupes (de 1220 € en 2020 à 1240.86 € en 2024), celle des associations a chuté (de 820 € en 2020 à 390 en 2024).

 

Y a-t-il de fortes disparités selon les fonctions occupées en entreprise ?
 

Sans trop d’étonnement, les indemnisations varient fortement en fonction des secteurs et des fonctions. La fonction avec l’indemnisation la plus élevée cette année est la finance avec une gratification de 1283 € brut par mois en moyenne. Elle est suivie par le conseil (1209 €), l’informatique (1076 €) et le marketing (1021 €).

En queue de peloton, nous retrouvons les fonctions commerciales à 782 € et les ressources humaines à 793 €. Elles sont suivies par la comptabilité (827 €), les achats (890 €) et la communication (892 €).

Depuis 2020, certaines indemnités ont évolué : la fonction achats passe de 1400 € en 2020 à 890 € en 2024, soit une baisse de 36 %. À l’inverse, les
indemnités dans la communication ont fait un bond de 33 % entre 2020 (669 €) et 2024 (892 €).

 

Qu’en est-il des différences en fonction des localisations de stages ? La macrocéphalie urbaine concerne-t-elle aussi les indemnités de stages ?
 

On observe une différence significative entre les stages faits en Ile-de-France (Paris compris) et le reste du pays : en province, les indemnités
s’élèvent en moyenne à 860 € brut par mois en 2024 alors que les Franciliens touchent 1169 €.
Au sein des différentes régions françaises, on observe des différences significatives : la grande gagnante est l’Ouest, avec une indemnité moyenne de
966 €, suivie par bavec 802 € et le Sud à 772 €. Avec une moyenne de 672 €, le Nord se place en dernière position.
À l’étranger, l’indemnisation moyenne se situe autour de 845 €.

Les indemnités des Franciliens ont augmenté de 14,5% depuis 2020 (passant de 1020 € en 2020 à 1169 € en 2024). Celles des Français hors
Ile-de-France sont stables avec une légère augmentation de 1.02 % depuis 2020. Pour les stages effectués à l’étranger, on observe une baisse significative de presque 25 %.

Il faut noter une baisse significative de presque 38 % dans les stages effectués dans le Nord depuis 2020, passant de 1077 € en 2020 à 672 € en 2024.

 

Qu’en est-il du télétravail chez les stagiaires ? L’épidémie de Covid-19 a-t-elle établi le télétravail pour les stagiaires plus de quatre ans après ?
 

Au moment du confinement en 2020, 74.10% des stagiaires étaient passés en télétravail.

Si avant le Covid, le télétravail des stagiaires n’existait pas, quatre ans après, plus d’un stagiaire sur deux (50.9%) a accès au télétravail pendant son stage.

 

 

Zoom sur les indemnisations et l’inclusivité

 

Cette année, nous avons eu l’ambition d’apporter un éclairage sur la question de l’inclusivité pour savoir si les tendances de la société se retrouvent
aussi au commencement des carrières. En posant des chiffres objectifs sur la situation, nous avons créé un support d’information sur la question des disparités touchant certaines populations discriminées. Nous avons tenté de trouver des facteurs de corrélations entre les différents facteurs.

 

Y a-t-il des différences d’indemnisations dès les débuts de carrière entre les hommes et les femmes ?
 

En France, si à temps équivalent et tous métiers confondus, les femmes touchent des salaires inférieurs de 15.5 % aux hommes (source : Observatoire des inégalités, 2024), ces différences se retrouvent également dès les stages. Tous stages confondus, les femmes gagnent 955 € brut par mois et les hommes 1098 €, soit une différence de 143 €, ou 13 % de différence.

Comment expliquer ces différences ? Nous avons vu que les fonctions qui rémunèrent le mieux les stagiaires sont la finance, le conseil et l’informatique. Or dans ces trois fonctions, les hommes sont surreprésentés : ils occupent 54.1 % des stages en finance, 65.2 % des stages en conseil et 68.8 % des stages en informatique.

À l’inverse, nous avons vu que les stages en fonctions commerciales, en ressources humaines et en communication faisaient partie des stages les moins rémunérés. Les femmes y sont surreprésentées. Elles occupent 59 % des stages en fonction commerciale, 75 % des stages en ressources humaines et 69 % des stages en communication.

La différence s’explique par des différences significatives dans les fonctions occupées par les stagiaires en fonction de leur genre.

 

Qu’en est-il des populations LGBTQIA+ ?
 

En 2024, les stagiaires appartenant à la communauté LGBTQIA+ gagnent en moyenne, tous stages confondus, 939.38 €. Les personnes qui
n’appartiennent pas à cette communauté gagnent en moyenne 1030.26 €. La différence est de 90.88 € soit presque 10 %.

Parmi les fonctions les mieux rémunérées, en conseil et en informatique par exemple, les personnes appartenant à la communauté LGBTQIA+ sont
sousreprésentées.

Parmi les fonctions les moins bien rémunérées, cette population est surreprésentée. Par exemple, si la part totale d’interrogé(e)s faisant de la
communication n’est que de 3.7 %, elle est à 8.8 % des interrogé(e)s appartenant à la population LGBTQIA+.

 

Et les personnes en situation de handicap ?

L’indemnisation moyenne des stagiaires en situation de handicap est de 712 € brut par mois en 2024. Pourtant, chez les personnes qui ne sont pas en situation de handicap, cette moyenne est de 1030 €, soit une différence de presque 31% tous stages confondus.

Comment expliquer ces différences ? Du côté des stages les mieux rémunérés, cette population est sousreprésentée notamment en finance, nous
n'avons eu aucune réponse de personne en situation de handicap. Pourtant, la part des personnes en finance dans notre enquête est de 17.2 %.

Chez les stages moins rémunérés comme les fonctions commerciales, cette population est surreprésentée : les personnes en situation de handicap
sont 20 % à faire un stage de commercial alors que la part totale des interrogé(e)s à faire un stage en commercial est de 11 %.

 

Alors, retrouve-t-on des différences d’indemnisations dès les débuts de carrières ?
 

Les résultats de notre analyse du terrain sont sans appel : ces différences se retrouvent dès le début des carrières. Nous avons observé des corrélations surtout dans les fonctions des stagiaires qui suivent les différences de représentations en fonction des secteurs. Nous expliquons ces différences, principalement par la surreprésentation de ces stagiaires moins indemnisé(e)s comme la communication ou les RH. À l’inverse, ces communautés sont sous-représentées au sein de la population exerçant des stages mieux indemnisés, comme le conseil et la finance.

 

 

Contact :
Joséphine Butty
josephine@eiquem.com